La fable

La fable

La fable est un récit de fiction, généralement  en vers,  qui se termine par une leçon de morale ou une réflexion critique.

L’origine du mot fable

Fable est formée à partir du mot latin « Fabula », lui-même est issu du verbe    » fari  »  signifiant   « parler». Ce terme latin signifie tout d’abord « propos, paroles », avant de prendre  le sens d’ »histoire ».

L’origine de ce genre

« D’origine très ancienne, la fable se développe dans toutes les cultures et se transmet d’abord oralement. Les premières fables proviennent de l’Orient avec le Panchatantra qui rassemble contes et fables de la péninsule indienne, et de l’Occident avec les œuvres du Grec Ésope. Réunies par le fabuliste romain Phèdre au 1 er siècle de notre ère, les fables d’Ésope inspirent les poètes du Moyen Âge. Au XVIIe siècle, Jean de La Fontaine adapte les fables d’Ésope et de Phèdre en cherchant tout autant à plaire qu’à instruire. Tous les auteurs qui ont succédé à La Fontaine l’ont plus ou moins imité.

Aux XIXe et XXe siècles, le Livre de la jungle (1894-1895) de Rudyard Kipling ou la Ferme des animaux (1945) de George Orwell cultivent l’esprit de la fable. »

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Les caractéristiques de la fable

  • Les personnages sont généralement des animaux, mais parfois aussi des humains ;
  • Les noms des animaux portent une majuscule car en réalité ils font référence aux humains ;
  • Les animaux ont une symbolique : Le lion symbolise la force, le renard la ruse, tandis que l’agneau symbolise la naïveté ;
  • La fable se termine souvent par une leçon de morale, c’est le cas des fables Jean de la Fontaine. Toutefois la leçon de morale peut se manifester au début de la fable, c’est le cas notamment dans  L’aveugle et le paralytique de Jean-Pierre Claris de FLORIAN ;
  • La fable est souvent en vers ;
  • La dualité du titre : La  Cigale et la Fourmi, Le Corbeau et le Renard… ;
  • Changement de statut, c’est –à-dire  le personnage qui possède la position dominante au début de la fable « tombe en disgrâce » et vice-versa.  Dans la fable Le Corbeau et le Renard, Le corbeau était en position de force (possède un fromage) puis à la fin c’est au tour du renard de prendre le dessus (c’est le goupil qui possède le fromage).

L’architecture textuelle de la fable

« La structure traditionnelle de la fable est cependant presque toujours la même : énonciation d’une problématique (« La raison du plus fort est toujours la meilleure : », « le Loup et l’Agneau » de Jean de La Fontaine), le récit d’une action et enfin une conclusion soit directement ancrée dans le récit avec une apothéose finale et pertinente (« Le Loup l’emporte, et puis le mange, / Sans autre forme de procès », op. cit.), soit sous forme de moralité (« Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : / Tout bourgeois veut bâtir comme les grands seigneurs, / Tout petit prince a des ambassadeurs, / Tout marquis veut avoir des pages. », « La grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Bœuf » de Jean de La Fontaine). »

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La fonction d’une fable

  • La fonction divertissante

La fable est un récit divertissant dans la mesure où elle met en scène un mode plein d’animaux sur un fond comique.

  • La fonction instructive  

La fable a une fonction instructive, éducative ou didactique  dans la mesure où elle vise à inculquer au lecteur une leçon de morale.

  • La fonction dénonciatrice

Le fabuliste (l’auteur d’une fable) dénonce certains vices de la société via ses fables. C’est le cas par exemple de la paresse dans la fable La Fourmi et la Cigale de Jean de la Fontaine.

NB : les titres qui donnent une main renvoient a dés vidéos en lien avec la fable sur YouTube. Cliquez pour accéder.

Un article de Zoubir Yahiaoui 

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Le bilinguisme

Dans un CV, le bilinguisme est un peu la « Rolls » de la rubrique Langues. Il fait rêver tout franchouillard monolingue qui, de temps en temps, se rêve maîtrisant une langue étrangère. Il console les parents qui gardent en eux le regret de ne pas s’être mis plus tôt aux langues étrangères, d’avoir manqué le « déclic » […]

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Jacobinisme linguistique — Pangloss encore lui!

Le français est la langue de la République, proclament nozélites. Mais ce n’est pas pour autant la langue du président de cette république ni de ceux qui, comme lui, veulent faire moderne et branché. « Choose France! », dit Macron à Versailles, « France is back again! », annonce-t-il à Davos où la moitié de son discours est en […]

via Jacobinisme linguistique — Pangloss encore lui!

Le conte

Le conte  est un récit d’aventures imaginaires qui mêle à la fois la vraisemblance ainsi que  le féerique et le merveilleux. Avant de rejoindre l’écrit, le conte est d’abord issu de la tradition orale.

«   Le conte est un récit de fiction généralement assez bref. Le conte rapporte des aventures ou des événements imaginaires, parfois merveilleux. La vocation du conte est de distraire mais il peut en outre avoir une vertu pédagogique (c’est-à-dire transmettre un enseignement, un message). Il est parfois difficile de le distinguer de la nouvelle, qui est également une forme narrative brève. »

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Origine du mot « conte »

Le mot  « conte » provient du latin computare qui signifie «dénombrer », « raconter ».

Les différents types de conte

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Source : http://www.alloprof.qc.ca/BV/pages/f1062.aspx

Les caractéristiques d’un conte

  • Les personnages ont des surnoms ou sont désignés par leur fonction chasseur, bucheron ou par leur statut social roi, reine.
  • Personnages sont parfois imaginaires : fées, sorcières, ogres, magiciens.
  • Le dualisme : le bon conte le méchant.
  • Vocabulaire mélioratif pour le héros (beau, gentil, courageux…)
  • Vocabulaire péjoratif pour l’anti héros (laid, jaloux, méchant…)
  • Le cadre spatio-temporel n’est pas précis (forêt, pays lointain, il était une fois…)
  • La présence du merveilleux (intervention de forces surnaturelles) comme le miroir qui parle.

 

La structure d’un conte

  • La situation initiale : c’est le début d’un conte. Elle commence par des formules d’ouvertures comme : Il était une fois, jadis. On trouve généralement dans cette partie la chronotope (lieu et temps de l’histoire) ainsi que les personnages principaux.
  • L’élément perturbateur ou modificateur : est l’évènement qui va perturber la sérénité des personnages et qui va mettre fin à la situation initiale. Certains mots comme un jour, soudain, tout à coup annonce le début des événements et l’élément perturbateur.
  • Les événements : c’est l’ensemble de péripéties qui font progresser le récit.
  • Le dénouement : c’est le moment ou le héros atteint ou échoue à atteindre son objet de quête.
  • La situation finale : c’est la fin des événements et le récit trouve son équilibre comme il était dans la situation initiale. Elle parfois précédée par des formules de clôture à l’instar de en fin, depuis ce jour là

Le schéma narratif du conte Cendrillon

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Les personnages et leur rôle dans un récit : Le schéma actanciel

Dans un récit il y a plusieurs personnages. Les uns aident le héros ou l’héroïne. Tandis que d’autres s’opposent à lui pour l’empêcher d’atteindre son but. Le schéma actanciel de Greimas est la parfaite illustration de la distribution de ses personnages.

Dans un texte narratif on trouve 

Le destinateur : est celui qui envoie le héro pour lui ramener quelque chose ;

Le sujet : est le héro qui va à la recherche de la quête ;

La quête : est l’objet recherché par le sujet ;

L’adjuvant : est celui qui aide le héros dans sa quête :

L’opposant : est celui qui s’oppose au héros dans sa quête ;

Le destinataire : est le bénéficiaire du travail du héros.

L’application de ce schéma à un texte :

Exemple :

  • Un roi (émetteur) demande à son fils (héros) d’aller chercher un Élixir contre la mort (objet), et la lui remettre (l’émetteur est ici le destinataire). Pour atteindre son but, le héros devra se protéger du vent glacial et de la neige (opposants) dans une vielle chaumière (adjuvant), puis combattre un cerbère (opposant) qu’il tuera grâce à l’aide d’une épée magique (adjuvant) donnée par une fée (adjuvant).

 

Le schéma actanciel

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Les temps qui dominent dans un conte

L’imparfait de l’indicatif pour la description et la passé simple pour les actions.

 

Un article réalisé par Zoubir Yahiaoui 

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La troncation

Présenté par Zoubir Yahiaoui la-langue-du-tchatche-19-728

La troncation 

La troncation est un procédé linguistique consistant en la suppression de plusieurs syllabes à l’initial ou à la fin d’un mot.  Il est considéré comme l’un des procédés permettant l’enrichissement et le renouvellement du lexique d’une langue.  C’est le cas par exemple de labo pour laboratoire,  prof pour professeur, métro pour métropolitain…

« On appelle une troncation ou apocope un procédé courant d’abréviation consistant à supprimer  les syllabes finales d’un mot polysyllabique ;  les syllabes supprimés peuvent correspondre  à un morphème dans une radio (radiographie), une dactylo (dactylographe), mais les coupures se produisent le plus souvent arbitrairement  après la deuxième syllabe : vélo (vélocipède), frigo (frigorifique). Dans la langue populaire, la troncation s’accompagne parfois de l’addition  ou paragoge de la voyelle o : un prolo (prolétaire), un apéro (apéritif). »

Dubois, J & Al. (1994). Dictionnaire de linguistique et des sciences du langage, Paris .Larousse, page  496

La troncation est phénomène linguistique motivé généralement par la  tendance des locuteurs pour le moindre effort et l’économie du langage.

La troncation se confond avec l’abréviation pour certains. Il faut noter que l’abréviation est un procédé consistant à abréger un long mot suivit par un point abréviatif tandis que un mot tronqué est issu de la suppression de plusieurs syllabes au début ou à la fin d’un mot. Le mot tronqué possède une entrée dans un dictionnaire comme un mot ordinaire.

 « Il ne faut pas confondre la troncation avec l’abréviation qui est un procédé graphique permettant d’écrire un même mot avec un nombre de lettres restreint : que l’on écrive bd. ou boulevard, on a toujours le même mot et l’on prononcera dans un cas comme dans l’autre [bulvar]. Ainsi le nom professeur donne lieu à l’abréviation : Pr et à une troncation : prof. L’abréviation est souvent suivie d’un point (etc., av.). La troncation, elle, étant un mot à part entière au même titre que les autres mots, n’a pas à être suivi d’un point. »

« troncation. » Microsoft® Encarta® 2009 [DVD]. Microsoft Corporation, 2008.

Les différents types de mots tronqués en langue française

La troncation se manifeste sous plusieurs formes parmi lesquelles figurent l’apocope, c’est-à-dire la suppression de la syllabe finale d’un mot. C’est le cas de  microphone qui a donné micro,  laboratoire qui a donné un labo et cinéma a donnéciné.  Un mot tronqué peut résulter de la suppression de syllabe au début d’un mot (aphérèse). C’est le cas notamment de bus qui provient de autobus  et de fax qui est issu de téléfax ainsi que car qui découle de autocar.  Dans certains cas la troncation se fait indépendamment de la morphologie est accompagné du suffixoïde O. c’est le cas notamment de  frigoissu de frigorifiqueresto du restaurant et dirlo du directeur.  Certains mots à l’instar de cinématographique a subit une double troncation (cinéma, ciné).

 Les mots tronqués dans le dictionnaire français

Le registre familier est le  registre employé avec des amis, dans la famille ou dans des situations de communication sans contraintes. Il se caractérise par l’emploie des mots qui appartenaient au registre familier. La syntaxe, l’orthographe et la phonétique ne sont pas respectées. Ex. : il m’ faut des frics pour ach’té une bagnole. La plus parts des mots tronqués relève du registre familier et n’intègre pas les dictionnaires lors de mis à jour à l’instar de ordi (ordinateur), schizo (schizophrène)…

Cependant certains arrivent a trouvé un place au sein de la nomenclature d’un dictionnaire, c’est le cas notamment de  labo (laboratoire), prof (professeur) ciné (cinéma)…  certains mots tronqué ont même « détrôné » leurs  ancêtre comme stylo (stylographe),  cinéma (cinématographe).

Les anglicismes  tronqués en français

En intégrant la langue de Molière, certains anglicismes subissent le phénomène de troncation à l’instar de basket pour basketball, body pour body stocking, sweat pour sweatshirt, top pour top modèlehand pour handball, pull (de pull-over) et snow (de snowboard). Ce phénomène se manifeste notamment dans le registre familier et la communication orale.

Nous avons tous une dépendance — Le fil rouge

Il existe différents types de dépendances… les petites, les fortes, les dangereuses, les bénignes, celles que l’on cache aux autres, celles contre lesquelles on se bat… Et une addiction, aussi minime soit-elle, peut changer une vie à tout jamais. Surtout si vous en perdez le contrôle. Addiction, cette bande dessinée française, est parue en avril […]

via Nous avons tous une dépendance — Le fil rouge

La morphologie du conte. Exemple Le merle blanc

Les fonctions de Vladimir PROPP

Le récit est un enchaînement logique d’actions entrecoupées de description qui peuvent être regroupées en séquences narratives. L’action (le faire) est commune à tous les récits, les narratologues l’appellent « fonction » unités narratives minimales que l’on retrouve d’un conte à l’autre. Pour folkloriste russe Vladimir PROPP, la fonction est l’action d’un personnage définie du point de vue de sa signification dans le déroulement de l’intrigue pour les contes merveilleux, il en a distingué 31. Ces fonctions peuvent ne pas apparaître toutes dans un conte, chaque conte réalise certaines d’entre elles, mais elles s’enchaînent dans un ordre identique qui ne doit pas être perturbé par le conteur, libre par contre dans le choix des fonctions ou dans leur omission. Elles se regroupent par couples (Interdiction/Transgression, Combat/Victoire), ou sont isolées (Mariage par exemple).

Liste des 31 fonctions de Propp :

0.    Situation initiale : Ouverture, présentation des personnages.
1.    Éloignement : Un des membres de la famille part ou meurt.
2.    Interdiction : Le héros reçoit une interdiction.
3.    Transgression : L’interdiction est transgressée.
4.    Interrogation : L’agresseur essaie d’obtenir des renseignements.
5.    Information : L’agresseur reçoit des informations sur sa victime.
6. Tromperie : L’agresseur tente de tromper sa victime pour s’emparer d’elle ou de ses biens.
7.  Complicité : La victime se laisse duper et aide son ennemi malgré elle.
8.  Méfait : L’agresseur nuit à l’un des membres de la famille/ Le manque : Les héros ou l’un des membres de sa famille a envie de posséder quelque chose.
9.  Médiation ou Transition : Le méfait ou le manque est connu, le héros part (ou y envoyé) pour y remédier.
10.  Début de l’action contraire : Le héros accepte ou décide d’agir.
11.  Départ : Le héros quitte sa maison.
12.  Première fonction du donateur : Le héros subit épreuve, questionnement ou attaque qui le préparent à la réception d’un objet ou d’un auxiliaire magique.
13.  Réaction du héros : Le héros réagit aux actions du futur donateur.
14.  Réception de l’objet magique : Le héros reçoit l’objet magique.
15.  Déplacement : Le héros est transporté ou conduit près du lieu où se trouve l’objet de sa quête.
16.  Combat : Le héros et son agresseur s’affrontent.
17.  Marque : Le héros reçoit une marque (blessure, baiser ou objet…).
18.  Victoire : L’agresseur est vaincu.
19.  Réparation : Le méfait initial est réparé ou le manque comblé.
20.  Retour : Le héros revient.
21.  Poursuite : Le héros est poursuivi et / ou agressé.
22.  Secours : Le héros est secouru ou arrive à s’enfuir.
23.  Arrivée incognito : Le héros arrive incognito chez lui.
24.  Prétentions mensongères : Un faut héros fait valoir des prétentions mensongères.
25.  Tâche difficile : On propose au héros une tache difficile.
26.  Tache accomplie : L héros réussit.
27.  Reconnaissance : Le héros est reconnu comme tel, souvent grâce à sa marque.
28.  Découverte : Le faux héros ou l’agresseur est démasqué.
29.  Transfiguration : Le héros reçoit une nouvelle apparence.
30.  Punition : Le faux héros ou le l’agresseur est puni.
31.  Mariage : Le héros se marie et monte sur le trône.

 

      Le merle blanc

[Un roi assez vieux avait trois fils. Les deux aînés étaient méchants, emportés, brutaux même. Quant au cadet, il était doux mais assez simple d’esprit.] Séquence 1

[Un certain jour, le roi les assembla tous trois et leur dit :

  • On m’a assuré qu’à cinquante lieues d’ici, il y a une bête merveilleuse qu’on nomme le merle blanc. Cette bête a le pouvoir de rajeunir celui qui peut la posséder. Me voilà avancé en âge : si donc quelqu’un pouvait m’apporter cette bête merveilleuse, je suis disposé à le récompenser par ma couronne.] Séquence 2

[L’aîné prenant alors la parole, demanda à son père de le laisser aller à la recherche du merle blanc et déclara qu’il ne reviendrait point sans l’avoir trouvé.

Le roi lui fit donner des armes, un bon cheval et de l’argent, le laissa partir.

Après avoir marché bien longtemps, il arriva dans une grande et belle ville où régnait alors un roi débonnaire et ami du plaisir. Le prince, bien accueilli par les habitants qui le voyaient porteur d’un beau sac rempli d’or, ne tarda pas à être introduit au milieu de la cour dissipée du roi régnant. De sorte que, un an après son départ, il n’était pas encore de retour.] Séquence 3

[Voyant cela, le second fils du roi partit à la recherche du fameux merle blanc, emportant comme son frère un beau cheval, des armes et de l’or. Il lui arriva les mêmes aventures qu’à son frère qu’il rencontra

dépouillé de tout dans la ville des plaisirs. Malgré cet exemple, il y mena une vie dissipée, oubliant complètement et son père et la couronne promise à celui qui pourrait ramener le grand merle blanc. De sorte qu’un an après son départ, le roi n’en avait encore reçu aucune nouvelle.] Séquence 4

[Alors le cadet dit à son père :

  • Sire, si vous le permettez, j’irai, moi aussi, à la recherche de la bête merveilleuse, et, dieu aidant, j’espère vous revenir avant trois mois. Faites-moi donner un peu d’argent. Je n’ai pas besoin d’armes et de cheval pour faire ce voyage. C’est à ma bonne étoile que je remets le soin de mon succès.] Séquence 5

[Après quelques difficultés, le roi laissa partir son dernier fils.

Cinq jours après avoir quitté le palais de son père, le prince traversait une forêt lorsqu’il entendit crier une bête. Courir dans cette direction et arriver auprès d’un renard pris au piège fut pour lui l’affaire d’un instant ému de pitié, le jeune prince débarrassa le renard qui le remercia en lui disant :

  • Ecoute, tu m’as sauvé la vie. Pour te récompenser de ton bon cœur, je me mets à ta disposition, quand tu auras besoin de mon assistance, tu diras : « Renard, renard, passe monts et vallées, j’ai besoin de ton secours». Je viendrai, et il n’est point de chose qui puisse me résister. Je sais que tu vas t’emparer du merle blanc. Il se trouve à deux lieues d’ici à cent pas de la grosse tour de la ville. Il est dans une grotte gardée par deux dragons. Pour endormir ces bêtes, tu prendras seize pains de quatre livres et deux oies. Tu mettras tremper les pains dans l’eau-de-vie et tu iras près de la grotte jeter ces provisions aux dragons. Une heure après, le merle blanc sera en ta possession. Cours, et surtout fis diligence. Un dernier conseil, ne rend service à personne avant que je t’ai vu. Adieu !] Séquence 6

[Ayant ainsi parlé, le renard disparut dans la profondeur des bois.

Resté seul, le prince continua sa route et arriva bientôt aux portes de la ville où sa mise simple ne le fît pas remarquer. Ayant entendu le bruit de la trompette dans une rue voisine, il s’y rendit et vit nombreuse populace entourant les officiers du roi qui annonçaient l’exécution pour le lendemain matin de deux princes étrangers coupables de haute trahison.

Le jeune homme ne douta pas que ce ne fusent ses deux frères. Il alla chercher les pains, les oies et l’eau-de-vie qui lui étaient nécessaires, et partit pour rejoindre la grosse tour de la ville. Il y arriva, compta cent pas en allant droit devant lui et trouva effectivement la grotte du merle blanc. Une grande odeur de soufre le suffoqua, mais il s’approcha et jeta aux dragons les provisions qu’il avait apportées.] Séquence 7

[Une heure après le fameux merle en sa possession. C’était un oiseau gigantesque, dont les ailes brillaient comme le soleil.

  • Que veux-tu de moi ? demanda l’oiseau ; parle ! Je suis à tes ordres.

  • Je voudrais d’abord que tu me fasses délivrer mes deux frères qui sont prisonniers du roi.

  • Soit ! Monte sur mon cou et je t’y conduirai.] Séquence 8

[Ce disant, le merle blanc se rapetissa tellement qu’il ne parut plus gros qu’un coq. Le prince enfourcha ce nouveau coursier et se trouva bientôt au milieu de ses frères qu’il enleva au nez de leurs gardiens ébahis.

Malgré le bon service que venait de leur rendre le cadet, les deux princes ne songèrent, aussitôt libres, qu’à s’emparer de la bête merveilleuse.

  • As-tu vu, dit l’un, la belle carrière d’or qui se trouve là-bas ?

  • Non, je n’ai pas songé à la regarder en passant.

  • Alors, venez la voir.

Et les trois frères de s’approcher du gouffre. Pendant que le cadet se penchait pour mieux voir, il fut poussé par ses deux frères et tomba au fond de la mine.] Séquence 9

[Lorsqu’il revint à lui, il songea au renard qu’il avait sauvé et se mit à crier :

  • Renard, passe monts et vallées, j’ai besoin de ton secours !

Ces mots étaient à peine prononcés que déjà le renard était auprès de lui, et en léchant les plaies que lui avait faites sa chute au fond du souterrain, le guérit complètement.

  • Maintenant que te voilà guéri, lui dit le renard, il te reste à sortir du trou. A cet effet, tu vas te tenir à ma queue et je te remonterai. Ne t’avise pas de lâcher ma queue, car ce serait à recommencer. Tiens-toi  bien,  je

Monte !

Et le renard monta en l’air, traînant après lui le prince cramponné à sa queue. Le renard allait atteindre le bord du gouffre lorsque le prince, fatigué, lâcha le renard et retomba tout meurtri, au fond du gouffre.

Le renard revient trouver le jeune prince, le ranima et lui fit recommencer l’ascension du souterrain.

Cette fois, le prince arriva en terre ferme.

Après avoir remercié le renard des services qu’il lui avait rendus, le jeune prince s’en alla rejoindre le château de son père.] Séquence 10

[Avant d’y arriver, il se vêtit d’un habit de garçon de ferme, teignit le visage et vint demander

au roi son père, qui ne le reconnut pas sous ses habits d’emprunt, de lui donner la garde du merle blanc que ses frères avaient rapporté comme leur conquête. Il fut accepté.

Il apprit alors que le merle blanc avait déclaré au roi qu’il ne le rajeunirait pas si on ne lui amenait pas celui qui l’avait conquis sur les deux dragons. Les deux princes avaient dit à leur père que c’était eux-mêmes qui avaient pris la bête, et que c’était pour se venger que le merle blanc disait que ce n’était pas eux qui l’avaient pris.] Séquence 11

[Dès que le jeune prince fut entré dans la salle où se trouvait le merle blanc, il vit l’oiseau s’abaisser et lui commander de monter sur son cou, ce qu’il fit. Une seconde après, tous deux étaient dans la salle du roi à qui ils racontèrent les supercheries des deux princes.

Outré de colère, le roi fit dresser deux bûchers dans la cour du palais, y fit lier ses deux fils aînés et les fit brûler vifs. Puis il prit la couronne et la donna au jeune prince.

Un instant après, le vieux roi était redevenu jeune, grâce au fameux merle blanc.] Séquence 12

Conte français 

 

Questions :

  1. Séquentialisez ce récit selon l’analyse de Bremond.
  2. Dégagez ses actants selon le schéma de Greimas.
  3. Dégagez les fonctions y accomplies selon l’analyse de Propp.
  4. Quelles impressions avez-vous de ce récit ?

Réponse 1 :

A retenir, mes cher (e)s étudiant(e)s :

La séquence est un ensemble cohérent, c’est-à-dire qu’elle présente une ouverture sans antécédent direct et une fermeture sans conséquence directe Formant ainsi des unités d’analyse intermédiaires, plus réduites que les étapes (étapes du schéma quinaire), plus étendues que les (les fonctions). On considère qu’il y a séquence dès que l’on peut isoler une unité de temps, lieu ou d’action, voire de personnages.

D’après l’analyse de Bremond, nous pouvons tires du texte 12 séquences :

séquence 1 : [Un roi…………simple d’esprit] présentation des personnages : le vieux roi et ses trois fils.

séquence 2 : [Un certain jour…………par ma couronne] réunion du roi avec ces trois fils.
séquence 3 : [L’aîné. …………de retour] l’arrivée de l’aîné dans la grande belle ville.

séquence 4 : [Voyant cela…………nouvelle] l’arrivée du second fils dans la ville des plaisir où il affronta les mêmes aventures.

séquence 5 : [Alors. …………succès] le cadet demande la permission pour aller à la recherche de la bête merveilleuse.

séquence 6 : [Après. …………Adieu !] après cinq jours, le cadet traversa la forêt et rencontra le renard.

séquence 7 : [Ayant. …………apportées] l’arrivée du cadet aux portes de la ville où les officiers annonçaient l’exécution de ses deux frères, ainsi la découverte de la grotte.

séquence 8 : [Une heure après. …………conduirai] la rencontre du merle blanc.

séquence 9 : [Ce disant …………la mine] le prince est agressé par ses frères malgré son service rendu à eux.

séquence 10 : [Ces mots …………son père] le renard sauve le prince.

séquence 11 : [Avant …………pris] l’entrée déguisement du cadet dans le château et la découverte de la trahison de ses deux frères.

séquence 12 : [Dès que …………au fameux merle blanc] punition des menteurs, le roi retrouve la jeunesse, et le cadet récompensé.

Réponse 2:

A retenir, mes chers étudiants :

Pour découvrir comment se répartissent les différents rôles actanciels d’un récit, on lui appliquera les questions suivantes :

  1. Qui (destinateur) manque de quoi (objet) ?
  2. Qui (destinataire) obtient quoi (objet) ?
  3. Qui (héros «sujet » ) moyennant l’engagement dans une quête permet le passage du manque à l’obtention ?
  4. Qui (adjuvant) favorise la quête ?
  5. Qui (opposant) entrave la quête ?

En étudiant le conte du merle blanc, il est possible de dégager la matrice suivante :

 Réponse 3:

On peut dégager quelques fonctions selon l’analyse de Propp.

 

Exemples :
 0    Situation initiale : c’est une ouverture, présentation des personnages (le roi et ses trois fils)
1     Éloignement : les trois fils du roi sont partis.

2   Interdiction : le père interdit au cadet d’aller à recherche du merle blanc.

3   Transgression de l’interdit : le fils cadet vas transgresser la volonté du père.

5     Tromperie : il est agressé par ses frères.

14  Le don : le héros est en possession d’un pouvoir magique ( ici le renard).

17 Marque : le héros « le cadet » a été blessé.

20 Retour : le prince est revenu au château.

22 Secours : le héros « le cadet » est secouru par le renard.

23 Arrivée incognito : le cadet arrive au château sans être connu.

26 Tache accomplie : le cadet réussit d’avoir le merle blanc.

30 Punition : les deux frères « faux héros » sont punis.

31 Mariage : ici l’accès  du fils cadet au trône.

Important : VOUS POUVEZ DÉGAGER PLUSIEURS FONCTIONS. EN JUSTIFIANT PAR DES EXEMPLES TIRES DU TEXTES.

Annexe :

Schéma narratif selon Greimas :

Situation initiale La vieillesse du roi qui vit avec ses trois fils.
Élément déclencheur Venir en aide au roi afin qu’il retrouve sa jeunesse.
Péripéties Péripétie 1 Le départ du premier fils.
Péripétie 2 Le départ du deuxième fils.
Péripétie 3 Le départ du troisième fils.
Péripétie 4 Le cadet prend possession du merle blanc.
Dénouement Le cadet est reconnu par le merle blanc et les menteurs sont démasqués.
Situation finale Le roi retrouve la jeunesse et le cadet récompensé.

 

 Bien cordialement, mes cher(e)s étudiant(e)s !

 

                                                     Zoubir Yahiaoui

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